Mas Saint Laurent

Picpoul de Pinet : L’histoire du cépage Piquepoul qui a survécu à l’impossible

Piquepoul

Le Piquepoul est l’un des plus anciens cépages du Languedoc, avec une histoire passionnante jalonnée de rebondissements spectaculaires. Tel un survivant du naufrage, ce cépage millénaire a traversé les tempêtes de l’histoire viticole pour revenir sur le devant de la scène méditerranéenne.

Le Piquepoul, un des cépages du Château Neuf du Pape

Le Piquepoul a gagné sa place dans cet assemblage d’exception grâce à sa capacité à apporter fraîcheur et vivacité aux vins blancs de Châteauneuf. Son adaptation aux sols calcaires chauds et sa résistance naturelle à la sécheresse en faisaient un complément idéal aux autres cépages rhodaniens. En 1899, lors du congrès ampélographique d’Avignon, le Piquepoul de la région est encore salué pour sa qualité exceptionnelle. Cette appartenance au cercle restreint de Châteauneuf-du-Pape constitue un gage de noblesse qui a contribué à préserver son prestige et sa culture au fil des siècles.

La survie du Piquepoul grâce au vermouth

Au XIXe siècle, le Piquepoul devient la matière première du vermouth, cette liqueur aromatisée qui conquiert l’Europe. Autour de Sète, une véritable industrie se développe. En 1867, les négociants utilisent « les meilleurs choix de Piquepoul » pour ces préparations. Cette reconversion permet au cépage de survivre économiquement face à la concurrence des vins espagnols et algériens. Entre 1907 et 1931, les vermouths restent d’une importance vitale pour le vignoble de Sète.

Sauvé du Phylloxéra par les sables autour de l’étang de Thau

Le phylloxéra dévaste 90% du vignoble français entre 1860 et 1890. Le Piquepoul aurait pu disparaître… mais il a été miraculeusement sauvé par les sables du littoral méditerranéen. Le phylloxéra ne pouvant creuser de galeries dans le sable, les vignes plantées sur le lido entre Sète et Marseillan ont été épargnées.

Dès les années 1880, la Compagnie des Salins du Midi crée un vignoble industriel de 700 hectares composé « d’un tiers de Terret et de deux tiers de Piquepoul ». Cette particularité géologique a permis au Piquepoul de continuer à pousser sur ses racines originelles pendant que le reste de la France replantait avec des porte-greffes américains.

La renaissance après la quasi-extinction 

Malgré sa survie au phylloxéra, le Piquepoul connaît un déclin brutal au XXe siècle. En 1980, il ne reste plus qu’une cinquantaine d’hectares en France, victime de la standardisation viticole. C’est la création de l’AOP Picpoul de Pinet en 1985 qui le sauve définitivement. Aujourd’hui, l’appellation couvre plus de 1 500 hectares et connaît un succès international.

Au Mas Saint Laurent, nous perpétuons cet héritage avec nos vignes de 40 ans sur un terroir de corail fossilisé. Tel un rescapé de tous les naufrages, le Piquepoul continue d’écrire son histoire.

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